Approche pédagogique du Centre St-Pierre

L’approche pédagogique désigne la manière, les méthodes et les stratégies qui sous-tendent l’ensemble des interventions de la personne formatrice, consultante et accompagnatrice dans son travail. Le principal objet de ce travail est de soutenir le développement des personnes, des groupes et des communautés par l'enrichissement de leurs savoirs, savoir-être et savoir-faire.

Les fondements

Les fondements de l’approche pédagogique du Centre St-Pierre sont issus de deux grands courants : l’humanisme et l’éducation populaire.

La base de l’humanisme est le développement des qualités essentielles de l'être humain et son émancipation. Il favorise la formation des personnes avec pour objectif leur accomplissement. L’humanisme a confiance dans la capacité des personnes à évoluer de manière positive et à faire de bons choix pour l'être humain et l'humanité dans son ensemble.

L'éducation populaire favorise l’accès de tous et toutes aux savoirs avec un intérêt pour le bien commun et une visée de transformation du système social. Elle reconnaît à chacune des personnes la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie. Elle prône la liberté de penser, la justice, la solidarité, la coopération et le respect des règles démocratiques.

L’éducation humaniste et populaire adoptée par le Centre St-Pierre forme des citoyennes et citoyens libres, égaux en droits et conscients du lien de solidarité qui unit les êtres humains. Elle s’inspire également d’un humanisme chrétien qui, tout en respectant les personnes, ne les met pas en contradiction avec la connaissance de Dieu et les valeurs spécifiquement chrétiennes. Cela se traduit par un soutien apporté aux personnes dans leur quête de sens, par un partage des recherches spirituelles, des interrogations et des convictions dans une attitude d'ouverture et une démarche de dialogue et de respect mutuel.

Les principes

Les principes sont les prémisses, les éléments constitutifs, les règles générales et les ingrédients qui servent de base au raisonnement et qui guident les manières d’agir (postures) de la personne formatrice, accompagnatrice et consultante.

Dans sa vision de la formation et de l’accompagnement, le CSP croit à l’importance de tenir compte des réalités tant individuelles que collectives, dans leurs dimensions spirituelle, sociale et politique. Sa pédagogie s’appuie sur les connaissances et les expériences des individus et des groupes qui participent à ses démarches de formation et d’accompagnement, car elles sont sources d’apprentissages.

Le CSP vise le développement du pouvoir d’agir des individus, des groupes et des collectivités. Dans cette perspective, le rôle de la personne formatrice/accompagnatrice en est un de facilitateur de réflexion dans l’action, de création d’espace de prise de parole et d’accompagnateur dans les processus de changement de façon à ce que les individus et les groupes aient en main les outils nécessaires à leur propre développement et à celui de leurs milieux.

Le CSP croit que l’apprentissage se fait à travers des actions et les interactions entre les gens qui partagent leurs questions, expériences et expertises.

Les principes pivots

Les principes guides au cœur de cette vision sont l’autonomie, la recherche de sens et l’engagement. Ils teintent la manière de former, d’accompagner et de soutenir aussi bien les personnes que les organisations.

Autonomie - L’autonomie relève de la capacité et du droit d’une personne à prendre ses propres décisions. C’est également avoir les moyens de développer son potentiel au maximum, de faire des choix éclairés et de maintenir sa capacité d’agir pour prendre en main sa destinée.

Recherche de sens - La recherche de sens passe d’abord par le développement de la conscience de soi et de l’autre. Cette quête de sens correspond aux efforts pour comprendre tout ce qui construit, entre autres, l’identité, l’histoire et le patrimoine, la mémoire collective. Elle porte en elle une dimension individuelle et collective et se fait dans l’action.

Engagement - L’engagement de la personne formatrice/accompagnatrice se traduit par des compétences, des attitudes et des comportements orientés vers la réalisation de la mission du CSP au bénéfice des personnes et des groupes qui ont recours à ses services.

L’engagement réfère aussi à la place qu’occupent les personnes et les groupes. Elles sont des sujets actifs dans leur propre démarche de formation plutôt que des objets à qui l’on inculque des connaissances de l’extérieur. La formation mène à l’action en vue d’une prise en charge tant individuelle, communautaire que collective.

Pour le CSP, ces principes s’incarnent dans la volonté de développer une pratique qui favorise la capacité et le pouvoir d’agir des personnes et des organisations. C’est une pratique fondée sur le partage du pouvoir et des expertises qui accorde de l’importance aux conditions de collaboration des personnes et leur contribution active.

Le partage du pouvoir et la manière d’être avec l’autre

Coopération et collaboration

Nous croyons à l’importance de manifester un intérêt réel pour les besoins et les droits des autres tout en respectant les nôtres si l’on veut développer des rapports les plus égalitaires possible. Notons que la coopération se manifeste à travers l’alliance, c’est-à-dire la capacité et le désir de partager son analyse ainsi que la volonté de développer un lien de confiance mutuelle pour favoriser conscience, autonomie et pouvoir. Nous croyons qu’il n’y a pas d’alliance possible sans une intention claire ou un désir réel de collaborer.

Appropriation du pouvoir

Nous croyons que l’appropriation passe par la mise en valeur des ressources de la personne (potentiel et habiletés) pour améliorer sa situation. La personne a la capacité de prendre des décisions et de répondre de ses actes. Elle demeure « l’acteur principal » des changements à opérer à toutes les étapes d’une démarche individuelle ou collective. Cela réfère à la capacité d’exercer un pouvoir : connaître – choisir – décider – agir. La personne est libre de faire des choix et doit en assumer la responsabilité. Les personnes et les communautés sont au cœur de l’action.

Une intervention qui favorise l’appropriation du pouvoir encourage (facilite) le développement de l’estime de soi, l’affirmation, la capacité d’évaluer une situation, de prendre une décision et de passer à l’action.

De l’idée de participation, nous retenons l’importance de favoriser la contribution des personnes à même leurs compétences, leurs savoirs, leur savoir être et leur savoir-faire. Dans cette perspective, la personne formatrice et la personne apprenante s’inscrivent dans un rapport de réciprocité.

Expérimentation et exploration

Nous croyons que l’apprentissage est une démarche dans laquelle la personne apprenante est un sujet actif. Son expérience a de la valeur. Le cadre d’apprentissage est à la fois formel, ouvert et modulé au rythme du groupe qui allie contenu prédéterminé par les personnes formatrices et contenu déterminé par les questions et préoccupations des personnes participantes.

Pour le CSP, ces principes s’incarnent dans un ensemble de stratégies qui favorisent les compétences personnelles et professionnelles. C’est encourager les personnes dans leur démarche individuelle et collective. Pour la formation, les stratégies utilisées favorisent la prise de parole, les échanges, l’apprentissage dans l’action, la coconstruction, encouragent les interactions et permettent aux personnes apprenantes de définir le problème et d’envisager des solutions.

Les stratégies

Tenant compte des fondements et des principes précédents, voici un aperçu des moyens mis en œuvre pour que l’approche pédagogique atteigne ses visées.

Approche appréciative

De cette approche, nous retenons l’idée de la« stratégie de changement délibérée » qui se caractérise par la reconnaissance et la recherche constante de ce qui donne toute sa vitalité à une organisation. Nous croyons qu’il est important de mettre l’accent sur les points forts et les forces mobilisatrices qui sont présentes. Cette approche incite les gens à dialoguer, à accepter de sortir du cadre et des références habituels et à poser des questions dans l’optique de trouver des solutions. C’est une approche positive du changement et un processus inclusif axé sur la collaboration. Elle fait ressortir le potentiel de développement de l’organisation et sa capacité à changer pour bâtir un avenir meilleur. Elle permet de reconnaître ce qui est sain et fonctionne bien dans l’organisation pour s’en servir comme tremplin de développement.

Pratique réflexive, démarche praxéologique, communautés de pratiques, cercle d’apprentissage et codéveloppement

Ces approches sont desprocessus qui amènent la personne à utiliser son expérience comme source de savoir (connaissance).

Dans cet esprit, nous favorisons :

  • les démarches qui misent sur le groupe de pairs et sur les interactions des personnes pour améliorer la pratique professionnelle;

  • les démarches qui suscitent le partage des connaissances et la relecture des expériences acquises par les participants afin de favoriser la compréhension du contenu des différents éléments de sa pratique par un enseignement interactif.

Approche expérientielle

De cette approche, nous retenons que l’expérience concrète est fondatrice. L’expérience n’est pas que du contenu. Elle est porteuse de repères et de sens. Cette approche encourage la personne à trouver ses propres repères, à partir d’une auto-évaluation. Dans cette perspective, il est essentiel de créer les conditions qui permettent d’accéder à ses ressources personnelles à partir de la base vivante de son expérience originale. Ainsi, nous valorisons la personne et son processus d’individualisation et d’actualisation et nous soulignons l’importance de prendre en compte les aspects affectifs liés à l’expérience des personnes.

Approches qui utilisent l’animation par le jeu, le théâtre, les exercices, les mises en situation, etc.

Nous croyons que leur but est de développer la capacité de la personne à comprendre la réalité pour la transformer, développer sa capacité à se mettre à la place de l’autre, favoriser la participation et l’appropriation de contenu ou favoriser la prise de conscience de ses valeurs, habiletés, etc.

Approches communicationnelles

Nous croyons que l’être humain est d’abord un être social et que la communication - interpersonnelle ou relayée par les médias constitue un levier ou un canal pour lui permettre d’être en relation avec les autres. De cette prémisse, nous retenons l’intérêt et l’importance de développer des habiletés communicationnelles, tant chez les individus que chez les groupes en leur proposant des questions comme : comment vivre à partir de ses valeurs ? Comment prendre ses responsabilités et être bienfaisant envers soi et les autres ? Nous retenons aussi l’importance de proposer lacommunication comme un outil puissant pour résoudre les différends de façon pacifique, prévenir les conflits et résoudre les problèmes.

Approche systémique

De cette approche, nous retenons une étude d’objets dans leur complexité comprenant, entre autres, leur environnement, leur fonctionnement, leurs mécanismes, les niveaux d’organisation, les facteurs d’équilibre et de déséquilibre. Notons que l'approche systémique se distingue des autres approches par sa façon de comprendre les relations humaines, s’appuyant sur le fait que la personne est influencée à la fois par ses intentions, celles des autres, celles des possibilités du milieu et du système et par les interactions entre ces éléments.

Retenons que l’approche pédagogique portée par le CSP place la personne au centre des apprentissages et comme « acteur social ». Les personnes formatrices, accompagnatrices et consultantes mettent en œuvre des démarches et des activités qui favorisent :

  • la participation et le développement des interactions entre les personnesla recherche de sens
  • la prise de parole et l'affirmation de soi
  • la réflexion et l'action
  • le changement et la transformation sociale

Les rôles

Le rôle de la personne participante

Fondamentalement, le rôle de la personne participante en est un de SUJET et d’ACTEUR dans la démarche.

La personne SUJET de son histoire:

  • occupe une place et joue un rôle actif
  • développe une réflexion sur son action et la réinvestit à partir des enseignements
  • se donne des défis pour plus d’autonomie
  • crée pour un mieux-être avec soi et les autres

Le rôle de la personne formatrice et accompagnatrice

Essentiellement, elle favorise la création d’un espace favorable à la prise de parole, aux réflexions, apprentissages et interactions. Comme facilitatrice, elle s’assure que les conditions soient présentes pour la participation, le développement du « pouvoir d’agir » et le partage des savoirs entre les personnes pour un enrichissement collectif.

La personne formatrice et accompagnatrice veille à :

  • ce que l’organisation de l’activité collective permette à chacune de s’investir à partir de l’expression des attentes, la détermination des objectifs, une organisation des tâches et l’explicitation du mode de fonctionnement
  • l’établissement d’une relation respectueuse et réciproque
  • la création d’un climat de confiance et sécuritaire
  • à ce que des ressources diversifiées soient disponibles
  • à assurer un espace de dialogue sans jugement
  • la mise en valeur de la créativité et des capacités des personnes
  • la facilitation du travail individuel et de groupe

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